Écriture, Littérature, Mots

Un rencard avec Stephen King

November 21, 2013

Samedi soir, j’avais rendez-vous avec Stephen King.

C’était un rencard que je ne pouvais pas refuser. Il faut dire qu’il avait bien fait les choses en décidant de se poser au Grand Rex, l’un des plus jolis théâtres dans lesquels je sois rentrée.

J’aime beaucoup ses romans, mais Stephen King n’est pas mon auteur préféré. D’ailleurs, c’est quoi, avoir un auteur préféré ? Pourquoi se contenter d’un seul ? Il est cependant un auteur important à mes yeux, qui m’accompagne depuis longtemps, qui inspire, et qui a participé à la construction de mon univers littéraire (et cinématographique). Et surtout, son ouvrage On writing, dans lequel se conjuguent mémoires et conseils d’écriture, est l’une de mes bibles que je relis chaque année en en retirant à chaque fois quelque chose de nouveau.

Déjà dans ce bouquin, il donnait l’image d’un mec cool et sincère. C’est pourquoi j’ai été contente, mais pas surprise, de voir débouler à notre rendez-vous quelqu’un de simple, drôle et très humble. Pas une seule fois il ne se pose en donneur de leçons, et prend soin de repréciser le contexte à chaque fois qu’il parle de l’un de ses romans. Son attitude est très rafraîchissante et permet de lui pardonner quand il essaye de nous foutre la trouille avant de préciser qu’en plus, il adore ça. Osé pour un premier rencard, Stephen.

J’ai beaucoup aimé naviguer librement dans son univers pendant une soirée, ainsi que les questions posées sur l’écriture et les personnages (oui, Stephen procrastine quand il doit écrire une scène qui fait vraiment très peur), même si j’ai regretté que le propos n’aille pas plus loin dans le langage et le style. Mais après tout, on ne dévoile pas tout au premier rendez-vous, et le plus important a été dit : oui, le style doit être au service de l’histoire et non pas l’inverse ! Et je suis assez d’accord avec lui sur un point : Walt Disney a dû traumatiser beaucoup plus de gens que lui, et en commençant qui plus est au berceau !

Je suis repartie de cette soirée avec un exemplaire de Doctor Sleep, un sourire énorme collé sur le visage et une folle envie de lire, relire ou découvrir (et écrire ?). J’en déduis que le rendez-vous s’est très bien passé et qu’on peut se revoir quand tu veux, Stephen. Tu peux venir boire un coup à la maison quand tu as le temps (mais enlève ce scorpion en plastique de là s’il te plaît). Et cette fois, essaye de faire en sorte que les deux heures ne passent pas à une trop grande vitesse !

Pour finir, lorsqu’on lui a demandé jusque quand il comptait écrire, Stephen King a répondu “I will write until God shuts my mouth.” Vu ce que le vieux barbu là-haut nous envoie depuis des mois, je pense qu’on peut compter sur un bon sursis d’une quarantaine d’années (au moins), non ?

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