Life, Vrac

Lille, Paris, Londres.

December 7, 2016

C’était quatre jours, que je planifiais depuis un petit bout de temps, que j’attendais avec un mélange d’excitation et de nervosité (réussir à être anxieuse en permanence, sur tout et n’importe quoi, est épuisant). Mon premier retour en France, avec un agenda chargé mais enthousiasmant.

Il y a eu Paris. Paris, et les retrouvailles autour d’un verre, d’une tasse, d’une assiette, les conversations qui donnent l’impression que je ne suis jamais partie. Le métro et les rues dans lesquelles je me glisse avec autant d’aise qu’avant, les habitudes revenant au galop. J’avais un emploi du temps millimétré, je craignais les grains de sable pouvant s’infiltrer dans les rouages, et puis j’ai réussi à suivre le rythme et à faire tout ce que je souhaitais, même si certaines retrouvailles ont été un peu courtes. On se quitte en se promettant de se revoir bientôt.

Paris, qui s’est clôturé avec l’adorable Candice et les énergiques Nada Surf, qui ne m’ont jamais déçue sur scène et qui m’impressionnent toujours des années plus tard. Je craignais un peu le poids imposé par le cadre du Bataclan, j’avais quelques réticences, et finalement il n’en a rien été : jamais je n’aurais voulu rater ces “Always Love” résonnant avec force dans toute la salle, cet optimisme désarmant, et cette réaffirmation que nous sommes là pour faire la fête, pour danser, pour écouter, pour échanger.

A Paris, je me sens chez moi.

Et puis il y a eu Lille. Lille et les bouffées de souvenirs dès la descente du train, le métro que j’ai pris pendant des années mais dans lequel j’arrive encore à me perdre, et puis le retour dans mon ancienne fac que je n’avais jamais vu aussi déserte. Les émotions tellement fortes en voyant une de mes meilleures amies devenir docteur, ses efforts enfin récompensés, et du fond de mon siège je me sens fière comme une maman poule, avec un grand sourire niais collé sur le visage. Quelques discussions et félicitations, et je dois m’éclipser pour aller voir des petits super-héros fêter leur anniversaire en famille, avec là encore bien trop d’émotions pour mon moi introverti.

A Lille, la ville où j’ai grandi, je me sens presque encore chez moi.

Et puis, après tout cela, il y a les longues heures de bus et de lecture, avant de relever la tête et d’apercevoir un double decker. Passer devant les bords de la Tamise illuminés, apercevoir le Parlement se dresser fièrement, et partager le sourire des autres passagers : on est presque arrivés.

J’ai appris qu’en revenant à Londres, même après seulement un week-end au loin, même après seulement deux mois ici, je me sentais chez moi.

Alors, comme pour entrelacer un peu plus mes trois villes, mes trois chez moi, à l’heure où je mélange mes cartes de transports et tente sans grand succès de recharger mon pass navigo à Lille, j’ai voulu graver cette identité et ce mélange, et porter en permanence mes trois maisons avec moi. Et décider de faire cela pendant ce week-end était un très joli symbole, bien plus fort que je ne l’avais imaginé.

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2 Comments

  • Reply Marion December 7, 2016 at 8:13 pm

    Il est très beau cet article! <3
    Je me suis retrouvée, à des degrés différents, dans certains points que tu évoques.

    • Reply Charlie December 8, 2016 at 11:11 am

      Merci Marion, ça me touche ! <3
      La notion de maison est un point qui me fait énormément réfléchir depuis quelques années, j'étais contente d'enfin pouvoir poser quelques mots dessus.

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