Balades, Londres

Mars et la redécouverte

March 16, 2017

Mars a pointé le bout de son nez, et j’ai l’impression de me réveiller de cette parenthèse neurasthénique qui a bercé ce début 2017. Je n’oublie pas février et les doutes, mais l’optimisme et l’envie font doucement leur retour, suivant l’exemple du printemps qui peu à peu débarque par touches discrètes et ensoleillées. Comme beaucoup, j’ai l’impression de revivre lors de ces moments qui font tout voir sous un jour différent.

Mars est pour l’instant le mois de la (re)découverte.

Je retrouve les sensations d’après-sport, les courbatures qui font sourire, je bats de modestes records qui font rire l’ancienne allergique au sport que je suis. Je pédale dans les rues de Londres, et si je ne suis toujours pas complètement rassurée, je savoure ces trajets m’offrant un nouveau point de vue et une vitesse appréciée. Je multiplie les gouttes de sueur et les étirements, et l’un de mes moments préférés de la semaine est devenu cette marche post-course, le matin, dans un parc renaissant, de sourire aux quelques promeneurs et surtout à leurs chiens, de me caler devant ce lac et de profiter de l’instant présent tout en reprenant mon souffle.

Et surtout, je découvre Londres à cette saison, et avec le soleil est revenue l’envie, disparue avec l’automne, de prendre mon appareil photo et de partir en balade, sans but précis, de laisser mes jambes et mon sens de l’orientation inexistant me guider. Alors cette semaine, je me suis perdue dans Chelsea.

Chelsea, c’est un quartier dans lequel je ne me suis jamais sentie complètement à l’aise. Trop ostentatoire, trop posh, étalant bien trop ses richesses : j’ai toujours l’impression que chaque rue de ce quartier me dit qu’avec mon uniforme jean-basket, je n’ai rien à faire là. Une balade à vélo m’a donné envie de dépasser ce ressenti et de partir explorer le côté “petit village” qu’offre parfois Chelsea. Une fleuriste qui prépare ses bouquets devant sa boutique, profitant du soleil, des écoliers se ruant dans un parc après une journée d’école, des rues impeccables bordées d’immenses maisons victoriennes ou georgiennes, cette église qui aurait sa place dans un village de Cornouailles… Voir ces preuves de la vie quotidienne m’a aidé à relativiser mon ressenti et à humaniser un quartier que je trouvais figé, engoncé dans ses richesses. Chelsea me donnera probablement toujours l’impression que ce quartier n’est pas fait pour moi, mais cette après-midi à déambuler dans ses rues, au calme, loin de l’agitation du centre m’a fait un bien fou : et pourquoi refuser cette part de sérénité ?


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