Life, Londres

Un an

October 2, 2017

Cette semaine, ça a fait un an.

Un an de “oh I’m so sorry!”, de “darling” et “luv” provenant de parfaits inconnus, de pintes devant les pubs le vendredi soir, de scotch eggs, de chips au vinaigre, de trajets en double deckers, de “mind the gap” et de voitures qui conduisent du mauvais côté de la route. Un an que nous avons posé nos valises et défait nos cartons, un an que nous sommes partis à l’assaut de cette vie londonienne tant fantasmée, un an que je fais partie de la communauté des expatriés et que Skype, Trainline, TFL et la BBC sont devenus mes sites et applications préférés. Un an de découvertes, de nouvelles amitiés, d’évolution et de bonheur. Un an, aussi, de pincements au coeur, de kilomètres qui séparent, d’envies d’ailleurs et d’hésitations entre des voyages et des retours en France, de repas de famille manqués et de neveux et nièces qui grandissent bien trop vite loin d’ici. Un an passé à documenter tout cela ici, mais aussi sur Instagram, où j’égrène au fil des jours les souvenirs que je me bricole chaque jour et que j’ai choisis pour illustrer cet article.

Déjà un an de cette vie, qui file à toute allure : je n’ai pas vu les douze derniers mois passer, et un joli paradoxe se crée. J’ai l’impression d’être arrivée à Londres il y a quelques mois. J’ai l’impression d’y vivre depuis des années. C’est plutôt bon signe, non ?

Notting HillNeal's Yard, Soho

Tout ne s’est pas forcément déroulé comme prévu, l’anglais a mis du mal à me venir naturellement, et me fait toujours parfois défaut, mais les démarches administratives qui semblaient insurmontables sont revenues à un stade juste ennuyeux. Les conversations hachées des débuts font place parfois à des débats, des plaisanteries, et tant pis si on ne trouve pas forcément toujours les bons mots. Certaines rencontres éphémères le sont restées, d’autres se sont consolidées, avec toujours cette fascination de rencontrer tant de gens venant d’horizons si différents et de confronter nos points de vue et nos acquis. Un an à douter, mais aussi à se faire confiance : je n’ai jamais regretté ce saut dans le vide, et malgré l’incertitude du Brexit et mes recherches d’emploi infructueuses, venir ici était la meilleure idée qui soit, et je suis plus que jamais consciente de la chance de vivre cette expérience.

Au bout de cette année, la période de lune de miel est cependant passée, et peu à peu (et encore plus en rentrant d’une semaine au soleil en bord de mer…), je vois désormais plus clairement les défauts quotidiens de Londres. Les prix, la pollution (si présente en ce moment), la politique, l’été grisâtre et la nuit qui tombe à 16h en hiver, le système de santé et d’éducation : si tous ces inconvénients (certains imputables à Londres en particulier, d’autres à toute vie en grande métropole) pèsent plus ou moins de temps à autre, cela ne fait que, paradoxalement, renforcer ce sentiment d’appartenance. J’ai comme gagné le droit de critiquer ma ville, et cela ne m’empêche pas de continuer à l’aimer.

Et il y a de quoi l’aimer…


En un an d’explorations et de nouveaux repères, j’ai pu me laisser le temps de prendre mes marques. Le changement a eu du bon, mais j’aime avoir mes habitudes, savoir calculer trois trajets différents pour aller au même endroit, avoir mes itinéraires de balade favoris et mes coins de prédilection dans chaque quartier (la plupart totalement clichés). Je n’ai pas la prétention de connaitre toute la ville, il y a des pans entiers où je ne mets jamais les pieds, et je découvre encore bien des choses dans des endroits que je pense connaître, et pourtant j’ai souvent ce sursaut d’excitation en regardant un film où une série et en voyant parfaitement où et sous quel angle a été tournée une scène, ou en indiquant le chemin à des touristes égarés. Je vis ici, et c’est souvent un sentiment indescriptible. C’est l’étranger, et pourtant c’est chez moi.

Alors joyeux anniversaire Londres, j’ai hâte de voir ce que tu as encore en réserve pour nous ces prochains mois.


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14 Comments

  • Reply Eliness October 2, 2017 at 11:24 am

    Ton article arrive au moment où j’en ai besoin, moi-même à la veille d’une expatriation qui est toute aussi excitante qu’effrayante. J’ai hâte d’en arriver, moi aussi, à ce un an 🙂 Je repenserai fort à ton billet à ce moment-là !

    Tu me permets de réaliser à quel point ça sera chouette d’apprivoiser ma nouvelle ville grâce à mon appareil photo – celles qui parsèment ton article sont magnifiques !

    Joyeux anniversaire à ton expatriation, Charlie, tes mots à ce sujet me font beaucoup de bien à lire ♥

    • Reply Charlie October 2, 2017 at 8:20 pm

      Je me rappelle très bien de cet état entre peur et hâte d’avant départ, un peu obscurci par toutes les démarches administratives, et te souhaite bon courage pour les semaines à venir. Le seul conseil que je pourrais te donner, c’est de te faire confiance, et de ne pas douter de toi ni de tes choix. Le reste suivra !

      Au quotidien je ne réalise pas à quel point Instagram (et ce blog) tien(ne)t ce rôle de gardiens des souvenirs, et c’est dans des moments comme celui-là que je me rappelle que les photos tout comme les mots aident à appréhender des instants en plus d’ancrer des souvenirs. Ca aide beaucoup à la transition “de passage / habitant” aussi je trouve.

      Merci pour tes mots, je suis bien contente si cet article a pu t’aider un peu actuellement ! J’ai hâte de lire tes impressions depuis ton nouveau chez-toi. 🙂

  • Reply Marion October 2, 2017 at 12:13 pm

    Tes photos sont magnifiques.

    • Reply Charlie October 2, 2017 at 8:15 pm

      Merci Marion ! La ville photographiée y est pour beaucoup 😉

  • Reply Charlotte October 2, 2017 at 2:03 pm

    Je découvre ton blog par hasard, et tes photos sont superbes <3

    • Reply Charlie October 2, 2017 at 8:15 pm

      Merci beaucoup ! 🙂

  • Reply kReEsTaL October 2, 2017 at 9:03 pm

    Quel joli parallélisme avec ton billet « Comment ça va, à Londres ? », que tu avais publié il y a quasiment sept mois jour pour jour. Je me souviens que ce billet-là peinait à contenir la mélancolie qui embuait tes mots.

    Ce soir, je me suis délectée de tes magnifiques photos, et de ton texte qui m’a rassurée et remplie de joie. Tu peux être fière d’avoir apprivoisé cette vie ailleurs, d’avoir surmonté tous ces obstacles, et de retirer désormais tant de joie, de beauté et de fous rires de cette ville fantastique qu’est Londres.

    Me vient alors une vision d’un chai latte que je siroterais en t’écoutant me raconter tout ce qui ne s’écrit par sur le net.

    Merci pour cette belle pause londonienne, cela me motive à me remettre à la rédaction de mon prochain billet à ce sujet ! 😉

    • Reply Charlie October 4, 2017 at 12:00 pm

      Oui, c’est un joli contraste que tu pointes là ! On devine facilement l’état d’esprit dans lequel chacun de ces articles a été rédigé. Comme quoi j’ai eu raison de ne pas me replier sur moi-même et de continuer à explorer et découvrir. 🙂 Londres a été un peu plus difficile à apprivoiser que prévu, mais je suis contente d’en tirer ce bilan, et surtout de ne pas être blasée de la vie ici ni des jolies vues que j’ai à chaque déplacement en bus ou en vélo.

      Deal pour le chai latte, je connais un lieu dans la City qui devrait justement te plaire ! 🙂
      Et j’ai hâte de voir la suite de tes billets londoniens, j’y redécouvre un peu la ville à chaque fois !

  • Reply Samsha October 2, 2017 at 11:36 pm

    Oh ton article me rappelle tant de souvenirs! Il me fait du bien et me rend nostalgique à la fois. ça va bientôt faire 2ans que j’ai quitté Londres et la ville me manque toujours autant! Je me rappelle à mon arrivée j’ai pleuré pendant quasi deux jours tant j’étais effrayée par le fait de me retrouver totalement seule dans une ville inconnue mais au bout d’une dizaine de jours j’étais définitivement conquise et maintenant j’aimerais tant m’expatrier en Angleterre!

    • Reply Charlie October 4, 2017 at 12:03 pm

      Londres semble avoir un fort effet sur les gens qui y vivent, pas mal d’anciens expats y semblent encore très attachés. Je comprends tout à ait ton angoisse du début, surtout en étant toute seule, et bravo à toi d’avoir vaincu cette appréhension et d’avoir profité de ta vie là-bas ! Je me souviens à quel point j’étais terrorisée il y a un an par de simples choses (devoir parler au proprio de choses un peu techniques dans l’appart, mes premiers rendez-vous administratifs…). Je répétais ce que j’allais dire des heures avant d’y aller 😉 J’espère que tu pourras réaliser cette expatriation dont tu rêves !

  • Reply Aline October 3, 2017 at 11:43 am

    Joyeux premier anniversaire londonien 🙂 Et merci pour les images et les récits que tu partages ici <3

    Ça fait plaisir de lire que tu as pris tes marques, que l'anglais te vient plus naturellement, que tu apprivoises ta nouvelle vie en même temps que ta nouvelle ville.

    Et j'espère vraiment trouver l'occasion de te rendre visite avant les deux ans 😉

    • Reply Charlie October 4, 2017 at 12:04 pm

      Merci <3 <3

      Je ne suis toujours pas aussi bilingue que je le voudrais, et j'ai encore des tas de choses à découvrir et apprendre, mais c'est un très bon début et je trouve le bilan pour l'instant positif !

      Notre matelas gonflable vous attend. 😉

  • Reply Candice October 24, 2017 at 8:19 pm

    Je découvre cet article au lendemain de mon week-end prolongé à Londres. Avec un sentiment puissant, un rêve un peu fou qui s’inscrit en moi. Pourquoi ne pas y vivre? Pourquoi ne pas y trouver un travail? Cette ville me mets en joie intense à chaque fois que j’y mets un pied…
    Ton article m’a ému, tes photos sont vraiment magnifiques. Mon week-end était très chargé, mais j’espère pouvoir venir te voir, dans ta ville, très vite !

    Je t’embrasse.

    • Reply Charlie October 28, 2017 at 12:46 pm

      <3
      Contente que Londres ait cet effet sur toi - cette ville a décidément quelque chose de magique !

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