Balades, Life, Londres

Les petits plaisirs d’octobre

October 31, 2017

Octobre touche déjà à sa fin, et avec lui s’enfuit déjà le deuxième début d’automne passé ici. L’année dernière était celle de la découverte ; aujourd’hui, ces lieux sont devenus familiers, et pourtant je ne peux m’empêcher d’y revenir jour après jour, avec cette satisfaction de connaître et pourtant de redécouvrir chaque espace.

En octobre, il y a donc eu beaucoup de promenades dans Kensington Gardens et Hyde Park, pour profiter de cette lumière dorée si particulière, à laquelle les photos ne rendent pas justice. Entendre les feuilles craquer sous ses pas, chasser du regard les écureuils et sourire devant ceux qui osent s’approcher d’un peu plus près : rien n’a changé de ce point de vue là, et je crois bien qu’il est impossible de devenir un jour blasé de toute cette nature et de ces couleurs.


En octobre, il y a aussi eu cette journée à l’ambiance si mystérieuse. La tempête tropicale Ophelia, venue longer les côtes françaises et britanniques, a apporté avec elle des poussières de sable du Sahara, ainsi que des reflets et odeurs des incendies de forêt du Portugal, colorant ainsi le ciel de Londres d’une lumière ocre très particulière.  Les Anglais n’ont parlé que de ça pendant toute une journée, et j’ai moi-même passé mon après-midi à me balader dans Mayfair, le nez en l’air comme tous les passants autour de moi, à commenter ce ciel de fin du monde. Pour compléter cet après-midi surréaliste, j’ai failli bousculer Bill Nighy, et me suis ensuite retournée bien trop de fois pour m’assurer qu’il s’agissait bien de lui (oui). Cette journée, c’était un peu du grand n’importe quoi.

En octobre, je me suis également accordée un moment magique au respectable Royal Albert Hall : l’orchestre philharmonique de Londres y interprétait en effet un ciné-concert d’extraits de Fantasia et Fantasia 2000. J’avais déjà assisté à un ciné-concert de Fantasia à Lille, mais le plaisir était le même, voire décuplé, de redécouvrir toutes ces émotions quelques années plus tard. La précision de l’orchestre, les morceaux choisis (Pomp and Circumstance a, comme toujours, provoqué de gros frissons), les grands gestes de la chef d’orchestre plus que dynamique, les pupitres de musiciens tous concentrés et impliqués, se mouvant plus ou moins rapidement selon le rythme de la musique, le lieu majestueux à la hauteur de sa réputation ont rendu ce moment tout simplement magique. J’ai ensuite passé une bonne heure à explorer le Hall et ses couloirs, dans lesquels prenait place une exposition sur le thème du futur dans la science-fiction, avant de quitter cette parenthèse hors du temps et de revenir à la vie réelle.

Et puis il y a eu, comme toujours, ces balades dans les rues de Londres, à tomber par hasard dans Knighstbridge sur des maisons ayant complètement joué le jeu pour Halloween. Dans Soho, je me suis rendue pour la première fois dans le grand magasin Liberty, et ai donné un coup d’oeil furtif à la ville depuis une fenêtre entrouverte du dernier étage, comme un petit secret dans ce magasin aux mille ambiances différentes.



Il y a aussi eu cet autre détour par le Imperial War Museum, l’un de mes musées préférés ici, situé à Elephant & Castle. J’aime beaucoup ce lieu malgré son sujet difficile et son immensité – en deux visites je suis à peine venue à bout de la Première Guerre Mondiale et ai vaguement entamé la Seconde, et découvre avec curiosité ses expositions passionnantes, adaptées à tout âge et se concentrant aussi bien sur l’aspect militaire et tactique que sur la vie quotidienne des civils en temps de guerre. J’aime quand la petite histoire rencontre la grande, et pense revenir rapidement pour continuer d’explorer ce lieu du souvenir.

Enfin, cette découverte de la Tate Modern et de sa vue imprenable sur St Paul et sur la City. Je ne suis pas très réceptive à l’art moderne et contemporain, et je suis passée un peu à côté de ce trip des balançoires géantes dans le hall du musée, mais j’ai beaucoup aimé le bâtiment en lui-même et l’ambiance qui s’en dégageait. Surtout, je retiendrai cette longue marche qui a suivi cette visite, le long de la Tamise, sur une Southbank étonnamment peu peuplée de touristes, en pleine golden hour, avant de rentrer me réchauffer avec une soupe maison délicieuse : un point d’orgue de ce mois doré. Octobre, tu as été une nouvelle fois magique.



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